• Adieu, Simone Veil.1974. Dans l'hémicycle du Palais-Bourbon, une femme fait face à une assemblée composée presque exclusivement d'hommes - pour la plupart hostiles. Elle est venue défendre un projet de loi dépénalisant l'IVG. Luttant pied à pied contre l'hypocrisie, le machisme et, disons-le, l'antisémitisme de certains, Simone Veil va gagner une bataille : la légalisation du droit à l'avortement.

    Née Simone Jacob le 13 juillet 1927 à Nice, elle est déportée avec sa famille en 1944. Seules, sa soeur et elle rentreront des camps. Simone s'inscrit à Science-Po, y rencontre son futur mari Antoine Veil, poursuit des études de droit et après son mariage entre dans la magistrature.

    C'est en 1973 que, sur les conseils de Jacques Chirac alors premier ministre, le président de la République Georges Pompidou nomme Simone Veil ministre de la santé.

    Un an après, c'est le combat de sa vie pour l'IVG. Elle quitte le gouvernement en 1979 et devient députée européenne. Elle sera la première femme présidente du Parlement européen entre 1979 et 1982, puis ministre d'État entre 1993 et 1995, plaçant le féminisme au centre de ses engagements.

    Elle est ensuite membre du Conseil constitutionnel de 1998 jusqu'en 2007. Un an après, elle entre à l'Académie française, après avoir publié son autobiographie, "Une vie", où elle évoque ses combats et ses convictions.

    Ses apparitions se raréfient ensuite, même si elle demeurera dans le peloton de tête des "personnalités préférées des français". Elle quitte la vie publique en 2013, après la mort de son mari.

    Simone Veil, qui vient de décéder aujourd'hui à 89 ans, est pour moi une figure majeure de la France et surtout du combat des femmes, combat loin d'être terminé, vu les régressions que l'on connait actuellement... Son seul "faux-pas" est, à mon avis, d'avoir été opposée au mariage homosexuel (*).

    R.I.P.

     

    (*) Je viens d'apprendre qu'en fait, alors qu'elle était atteinte d'un début de maladie d'Alzheimer, Simone Veil fut utilisée par des "anti-mariage pour tous". Sa famille aurait d'ailleurs porté plainte pour "abus de faiblesse".

     

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  • Adieu, Gilbert Beker..Je ne connaissais pas son nom, mais son fameux "Drapeau Arc-en-ciel" est pour moi l'un des symboles les plus forts de l'humanité.

    Gilbert Beker, l'un des plus anciens activistes de la cause homosexuelle, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l'âge de 65 ans à son domicile de New York.

    Ancien militaire américain, il a vécu à San Francisco dans les années 70, où il fit la connaissance de Harvey Milk. En 1978, pour la "journée de la liberté homosexuelle", première mouture de la "Gay Pride", Baker imagine et crée le fameux drapeau à six couleurs.

    Adieu, Gilbert Beker..

    R.I.P. Gilbert...

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  • Adieu, Martin GraySon premier livre, "Au nom de tous les miens", que j'ai lu à l'adolescence, m'avait émue à l'époque. Martin Gray vient de disparaitre à l'âge de 94 ans.

    Né Mieczyslaw Grayewski, rescapé du camp de concentration de Treblinka et du ghetto de Varsovie, Martin Grey part à New York après la guerre.

    Quelques années plus tard, il s'installe avec sa femme Dina et ses enfants à Tanneron, près de Mandelieu dans le sud-ouest de la France.

    En 1970, Dina et les quatre enfant meurent lors de l'incendie de la propriété. Martin, dévasté, pense un temps au suicide mais l'écriture sera pour lui une thérapie : avec l'aide de Max Galo, il rédige ses mémoires, "Au nom de tous les miens", qui deviendra un best-sellers mais fera polémique (certains événements relatifs à Treblinka seraient sujets à caution).

    Toujours est-il que Martin Gray continuera d'écrire : "Les forces de la vie" (1975), "J'écris pour les hommes de demain" (1983), "Vivre debout" (1993), "Au nom de tous les hommes" (2004)...

    Il se mariera deux fois encore et aura cinq enfants.

    Il s'installe en Belgique (d'abord à Uccle puis à Ciney) dans les années 2000.

    Martin Gray est mort dans la nuit de dimanche 24 à lundi 25 avril 2016.

     

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  • Adieu, Alain Decaux.C'était un grand moment lorsque, avec mes parents, on s'installait devant le petit écran pour suivre les émissions d'Alain Decaux...

    Né le 23 juillet 1925 à Lille, fils d'un avocat, il étudie le droit à Paris, mais, passionné d'Histoire, il s'inscrit dans cette section à la Sorbonne (sans toutefois obtenir de diplôme). Il publie son premier livre en 1947 ("Louis XVII retrouvé"), et, deux ans plus tard, obtient le prix de l'Histoire de l'Académie française pour son second ouvrage, "Letizia, mère de Napoléon".

    En 1951, il crée l'émission "La Tribune de l'Histoire" pour la radio Paris-Inter, émission qui durera jusqu'en 1997. C'est aussi un homme de télévision, qui créera avec André Castelo et Stellio Lorenzi "La Caméra explore le temps" (1957-1966).

    Decaux fonde en 1960 la revue "Histoire pour tous", et collabore à plusieurs journaux et magazines. Il sera aussi le directeur de la revue "Historia" de 1969 à 1971.

    En 1969, il revient à la télévision où il crée et présente l'émission "Alain Decaux raconte", d'abord sur l'ORTF puis sur Antenne 2. Sa façon de traiter, en direct et en une heure, un événement ou un personnage historique a beaucoup aidé à la vulgarisation de l'Histoire, même si certains l'accusèrent d'avoir une approche "simpliste". L'émission durera toutefois jusqu'en 1988.

    Alain Decaux a également participé à des oeuvres cinématographiques, coécrivant le scénario du film Angélique et le Roy avec Francis Cosme ; il est également l'auteur des dialogues de la version des Misérables par Robert Hossein.

    Hossein et Decaux vont d'ailleurs souvent travailler ensemble sur les spectacles du metteur en scène, comme Un homme nommé Jésus, Je m'appelais Marie-Antoinette ou De Gaule, l'homme qui a dit Non.

    Membre de l'Académie française depuis 1979, Alain Decaux est décédé le 27 mars 2016 à Paris à l'âge de 90 ans.

    Parce qu'il a été celui qui m'a fait découvrir et aimer l'Histoire bien plus efficacement que tous les cours que j'ai pû suivre sur les bancs de l'école, je lui dis Adieu et Merci, Monsieur Alain Decaux.

     

    Ci-dessous, une version humoristique et décalée de l'émission "Alain Decaux raconte" par Guy Montagné :

     

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  • Adieu, Sylvie JolyLa si jolie vie de Sylvie Joly s'est hélas achevée ce matin...

    Fille de militaire, elle reçoit une éducation bourgeoise malgré son caractère frondeur (elle sera renvoyée de plusieurs écoles huppées). Obéissant à l'injonction paternelle, elle fait des études de droit et exercera comme avocate durant cinq ans.

    Elle finit par tout plaquer pour ouvrir un dépôt-vente avant de suivre les conseils de son mari et de s'inscrire au Cours Florent puis au Petit Conservatoire de Mireille.

    Dans les années 70 et 80, elle devient l'une des premières femmes "comiques" francophones, avec Zouc et Jacqueline Maillant.

    Ses sketchs, souvent inspirés de son milieu bourgeois et de son ancien métier d'avocate, seront écrits par son frère et sa soeur. Sylvie sera aussi actrice, apparaissant dans Les Valseuses, Va voir maman, papa travaille, avant de trouver son univers chez Mocky qui l'emploiera à plusieurs reprises, notamment dans Le Miraculé.

    Mais c'est sur scène qu'elle est la plus active, jusqu'à ce qu'elle soit atteinte de la maladie de Parkinson, mal qui l'éloigne des projecteurs.

    Sylvie Joly est décédée dans son sommeil ce vendredi 4 septembre, à l'âge de 80 ans.

     

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