• Eddy MitchellClaude Moine nait le 3 juillet 1942 à Paris, et grandit dans le quartier de Belleville. Sa mère est employée de banque et son père travaille à la Société des transports en commun de la région parisienne.

    Ce père est un fou de cinéma, qui emmène souvent son fils dans les salles obscures. Ainsi, Claude voit grandir son amour pour les films américains, surtout les westerns. Ses acteurs préférés se nomment Robert Mitchum et Eddie Constantine, qui lui inspireront plus tard son pseudonyme : Eddy Mitchell.

    À 11 ans, il découvre le Rock N'Roll, Elvis, Bill Haley et Gene Vincent. La troisième passion du jeune homme est la BD, et il tentera de devenir dessinateur. Il verra par ailleurs deux de ses oeuvres publiées, l'une dans "Coq Hardi", l'autre dans "Risque tout".

    En 1957, Claude Moine est coursier dans une agence du Crédit Lyonnais située à deux pas du Golf Drouot. C'est là qu'il passera le plus clair de son temps à écouter les groupes de Rock. Il commence également à chanter en amateur, sa première prestation en public ayant lieue devant les employés de la banque le 2 février 1957.

    Il fonde un groupe, d'abord appelé "Eddy Dane et les Danners" puis "Les Five Rocks" avant de devenir "Les Cinq Rocks". Le combo interprète des chansons à la mode dans les bals puis il devient un familier de la scène du Golf Drouot et de tous les festivals Rock de Paris.

    C'est à cette époque que Claude prend définitivement le pseudo d'Eddy Mitchell. Très vite, il sera surnommé "Shmoll". Selon certains, ce serait dû au fait que, plus grand que la moyenne, il ait pris l'habitude de dire "Small" ("Petit") quand il s'adressait à ses amis.

    À la fin des années 50, il croise un certain Jean-Philippe Smet, alias Johnny Hallyday, qui s'apprête à signer pour une maison de disques.

    Notre ami trouve l'idée plutôt bonne et prend l'annuaire téléphonique pour dénicher un producteur. Le premier nom de la liste est "Barclay". C'est donc en novembre 1960 que "Les Cinq Rocks" vont signer un contrat... ou plutôt ils vont chercher le contrat qui sera signé par leurs parents, car ils sont encore mineurs.

    Toujours est-il que le 20 décembre, ils commencent à enregistrer leur premier disque, qui sortira en janvier 1961. À leur insu, Eddie Barclay décide de changer le nom du groupe : en effet, il vient de passer un contrat avec la société "Stemm", qui fabrique des chaussettes. "Les Cinq Rocks" deviennent alors "Les Chaussettes Noires".

    Eddy MitchellC'est le début du succès. Le groupe participe au premier festival de Rock organisé au Palais des Sports à Paris le 24 février 1961. Le 18 juin de la même année, "Les Chaussettes Noires" sont les vedettes du deuxième festival qui se déroule au même endroit. La veille, "Shmoll" s'est marié avec Françoise Lavit. Le couple aura deux enfants, Eddy, né en 1962, et Marilyn née en 1965.

    Eddy Mitchell est ensuite appelé sous les drapeaux, d'abord dans le Régiment du Train de Monthéry puis à Paris où on lui confie l'organisation des ciné-club de l'armée.

    Certains autres membres des "Chaussettes" font aussi leur service militaire et l'enregistrement des disques est assez problématique. Eddy commence à chanter en solo des ballades romantiques.

    La séparation des "Chaussettes" est annoncée en décembre 1963, mais cela ne se passe pas très bien : Eddy Mitchell est trainé en justice par deux de ses anciens compagnons, William Benaïm et Tony d'Arpa pour rupture de contrat. Ils seront déboutés en 1968.

    Entre-temps, Eddy a sorti en 1965 un album solo, "Voici Eddy... c'était le soldat Mitchell" suivit par "Eddy in London" enregistré comme son nom l'indique en Angleterre.

    Du point de vue vestimentaire, le blouson noir a cédé la place aux chemises et aux cravates, tandis que son jeu de scène se fait moins démonstratif. C'est qu'il veux se démarquer des chanteurs de Rock "pur et dur" comme Johnny Hallyday, tout en continuant de revendiquer son amour du genre, comme le souligne l'album "Panorama" où il chante des adaptations de "tubes" de Chuck Berry.

    Mais un autre Eddy Mitchell se fait jour, plus tendre : celui de l'album "Toute la ville en parle... Eddy est formidable" sur lequel figure "Toujours un coin qui me rappelle". En 1964, il est classé 4ème chanteur préféré des lecteurs du magazine "Salut les Copains" derrière Hallyday, Claude François et Richard Anthony.

    Les années passant, Eddy enregistre des chansons aux sonorités Rock, mais aussi Soul. Mais au début des années 70, il connait une période d'errance : il s'essaie aux rythme hard rock, bossa-nova et R'N'B ou pop avec l'album "Zig-Zag" (72) écrit en collaboration avec les groupes Magma et Zoo, puis enchaine avec deux autres 33 T, "Dieu bénisse le Rock'N'Roll" et "Ketchup électrique", qui n'obtiendront pas de succès.

    C'est à la fin de la décennie 70 qu'Eddy Mitchell retrouve son public, surtout après la sortie des albums "Rocking in Nashville" (74),  "Sur la route de Memphis" (76) et "La Dernière séance" (77).

    C'est l'époque des chansons teintées de cynisme  sur la société de consommation ("À crédit et en stéréo"), les problèmes sociaux ("Il ne rentre pas ce soir"), l'auto-dérision ("C'est un rocker").

    Le succès revient et ne lâche plus "Shmoll" qui va alors s'engager dans la voie des mélodies tendres, mélancoliques et nostalgiques dans les années 80 avec les tubes "Couleur menthe à l'eau", "Le Cimetière des éléphants", "M'man"...

    Eddy MitchellC'est aussi les débuts du chanteur au cinéma (Coup de torchon, Ronde de nuit), et comme présentateur télé avec "La Dernière séance" sur FR3 : sous les traits de "M'sieur Eddy", il présente un mardi soir par mois  des films américains des années 50 et 60 et des "réclames", des dessins-animés et des attractions. L'émission est tournée au cinéma "Le Trianon" de Romainville et connait un succès ininterrompu depuis son lancement le 19 janvier 1982 jusqu'au 28 décembre 1998.

    Eddy continue d'être acteur, obtenant un César du meilleur second rôle pour le film Le Bonheur et dans le pré (95) d'Étienne Chatillez. Récemment, il a partagé l'affiche de Salaud, on t'aime de Claude Lelouch avec Johnny Hallyday.

    Les deux rockers se sont d'ailleurs associés à Jacques Dutronc pour créer le spectacle "Les Vieilles canailles", durant lequel ils interprètent ensemble leurs propres chansons. Prévu pour un seul gala en 2014, ce qui était d'abord une "déconnade" de potes est aujourd'hui déclinée en tournée toujours en cours à ce jour.

    Eddy Mitchell

    Les Vieilles Canailles, les "Yé-yé" bougent encore !

     

    Mes chansons préférées :

    Je serais tentée de mettre la quasi-totalité de ses chansons, vu que je le les écoute et les aime depuis ma plus tendre enfance. Voici donc un - petit - florilège de mes "tubes" préférés de Shmoll (par ordre de préférence).

    - Rio Grande

    - La Dernière séance

    - Norman Rockwell

    - Le Cimetière des éléphants

    - Sur la route de Memphis

    - Alice

    - Couleur menthe à l'eau

    - Pas de boogie-woogie (avant vos prières du soir)

    - La fille du motel

    - Jambalaya

    - On veux des légendes

    - C'est la vie mon chéri

    - Le parking maudit

     

     

     

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  • Mort ShumanNé Mortimer Shuman le 12 novembre 1936 à Brooklyn, il étudie la musique au Conservatoire de New York et commence à composer à 18 ans.

    En 1958, il rencontre le chanteur Doc Pomus avec qui il se lance dans l'écriture de chansons pour Fabian, The Drifters, ou Ben E. King, mais surtout pour Elvis Presley, notamment les tubes "Little Sister", "(Marie's the Name) His Latest Flame" ou "Viva Las Vegas".

    On doit également au duo Pomus-Shuman "Sweets for My Sweet", créée par les Drifters (connue chez nous en version française sous le titre "Biche ô ma biche").

    Mort Shuman va aussi composer pour Janis Joplin, Andy Willams ou les Small Faces. Après avoir fait la connaissance de Jacques Brel, il va adapter en anglais certaines de ses chansons comme "Amsterdam" ou "Quand on a que l'amour". En 1968 il écrit une comédie musicale, "Jacques Brel is alive and well and living in Paris". Il se lie d'amitié avec Eddy Mitchell avec qui il écrit des chansons entre 1964 et 1965.

    Amoureux de la France, mais surtout de Paris, Mort collabore avec Etienne Roda-Gil sur des chansons qu'il interprète en français, et d'abord "Le Lac Majeur", qui sort en 1972 et sera d'abord boudée par les stations de radio en raison de sa longueur inhabituelle (plus de 5 minutes), mais sous la pression des fans, elle sera le premier succès de l'auteur-compositeur-interprète.

    Suivront "Papa Tango Charlie", "Shami Sha", "Sorrow" (B.O du film À nous les petites anglaises) et "Un été de porcelaine" (du film L'Hôtel de la plage). Mort Shuman, malgré un énorme capital-sympathie auprès du public, fait très peu de scène par timidité. Il préfère écrire pour d'autres chanteurs comme Eddy Mitchell, Michel sardou ou Johnny Hallyday. Il devient aussi un habitué des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier.

    En 1974, il épouse Élisabeth Moreau avec qui il compose quelques chansons comme "My name is Mortimer" ou "Le Nègre Blanc".

    Le chanteur est également acteur : on le retrouve ainsi dans Le Roman d'un voleur de chevaux (1971) d'Abraham Polonsky, La Petite fille au bout du chemin (1976) de Nicolas Gessner ou Je te tiens, tu me tiens, par la barbichette (1978) de Jean Yanne.

    Il signera également les bandes originales des films de Michel Lang A nous les petites Anglaises (1976) et L'Hôtel de la plage (1978).

    En 1978, très affecté par le décès de Brel, il retourne à Londres et renonce à la scène tout en continuant à écrire, que ce soit pour lui-même ou pour ses amis Eddy Mitchell ("Je suis parti de rien", "Tu ne veux plus de moi") ou Hallyday, dont il compose "Dans un an ou un jour"  pour l'album "Ça ne change pas un homme" en 1991 et qui sera son dernier travail.

    Atteint d'un cancer du foie, Mort Shuman décède dans un hôpital de Londres le 3 novembre 1991. Il laisse derrière lui sa deuxième épouse, Maria-Pia Vezia, et leurs trois filles, Barbara, Maria-Pia et Eva-Maria. Il est enterré dans le cimetière de Caudéran (Gironde) où il avait une maison.

     

    Mes chansons favorites :

    - Des musiques sentimentales

    - My name is Mortimer

    - Shami Sha

    - Allo Papa Tango Charlie

    - Brooklyn by the sea

    - Save the last dance for me (et sa version française Garde bien la dernière danse pour moi)

    - On a déjà donné

    - Ma chanson italienne

    - Sorrow

    - Un été de porcelaine

    - Comme avant

     

     

     

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  • Joe DassinJoseph Ira Dassin, né le 5 novembre 1938 à New York, est le fils du réalisateur franco-américain Jules Dassin (1911-2008) et de la violoniste Béatrice Launer (1913-1994).

    Poussé à l'exil par le Maccarthysme, la famille s'installe en Europe où le jeune Joe va fréquenter plusieurs écoles. Après des études en Suisse et un bac passé à Grenoble, il intègre l'Université du Michigan où il soutient une thèse d'ethnologie sur les Indiens Hopis.

    Pour financer ses études, il enchaine des petits boulots (plongeur dans un restaurant, DJ dans une radio de Detroit) et se fait un peu d'argent en chantant sur les terrasses des cafés près de son campus. C'est l'époque où il se lie d'amitié avec Peter Seeger et Bob Dylan.

    Après avoir passé son doctorat il rentre en France et devient assistant sur les films de son père. Il fait aussi de la figuration : Topkapi, Nick Carter et le trèfle rouge de J.P. Savignac ou Lady L. de Peter Ustinov.

    Assistant-réalisateur sur What's New Pussycat ? Joe Dassin est aussi doubleur sur des films américains et écrit des articles pour "Play Boy" et "The Newyorker".

    En 1963 il rencontre Maryse Masiéra qui deviendra sa première épouse en 1966. Maryse connait des producteurs de chez CBS, une maison de disques américaine qui vient de s'installer en France. En 1964 elle leur fait écouter un enregistrement de Joe, la reprise de la chanson folk "Freight Train". Convaincu d'avoir trouvé son premier artiste francophone, CBS signe un contrat avec Joe.

    Un premier 45 tours quatre titres sort en 1964 ; parmi les chansons, "Je change un peu de vent", adaptation de "Freight Train". L'année suivante un deuxième disque est édité, contenant "Je vais mon chemin". Si le succès n'est pas encore au rendez-vous, Joe Dassin interprète certains de ces titres à a télévision. Néanmoins, il est plus considéré comme "le fils chanteur de Jules Dassin" que comme un artiste à part entière.

    Après un troisième disque en 1965, la carrière du chanteur démarre doucement grâce aux passages radio de "Bip-bip", "Ça m'avance à quoi" et "Guantamera". En 1966 il monte pour la première fois sur scène à Bruxelle puis sort son premier 33 T, "Joe Dassin à New York", enregistré dans la "grosse pomme".

    Il grimpe lentement mais surement dans les hits-parades, présente le premier MIDEM (Marché International de l'Édition Musicale) en 1967. La même année arrive son premier vrai succès : "Les Dalton".

    En 1969, Joe Dassin passe à l'Olympia et enchaine les "tubes" : "Marie-Jeanne" (adaptation de "Ode to Billy Joe" de Bobbie Gentry), "Siffler sur la colline", "Le Pain au chocolat"... En avril de cette même année, il est victime d'un premier infarctus. Il reprend ses tournées, rencontre Boby Lapointe qui lui présente Georges Brassens qui en fait la "vedette américaine" de ses tournées.Anecdote amusante, lors de ses études aux États-Unis, Joe reprenait les chansons de Brassens dans les cafés !

    Cette même année 69 sort "Les Champs-Élysées" qui devient l'un des plus grands succès du chanteur, le disque s'écoulant à plus de 550 000 exemplaires, la chanson étant adaptée en de nombreuses langues dont l'Allemand, l'Italien et le Japonais.

    En 1970 c'est "L'Amérique" pour Joe Dassin ! cette chanson, ôde à son pays natal, devient sa "signature" lors des concerts.

    Entre 1971 et 1974, ses 45T se vendent moyennement, et ses chansons "La Fleur aux dents", "La Complainte de l'heure de pointe" ou "Salut les amoureux" connaissent un succès d'estime. Le chanteur entame alors une carrière en Allemagne et écrit deux chansons pour son ami Carlos : "Señor Météo" et "Le Bougalou du Loup-garou" - sur des musiques de Claude Bolling.

    En 1975, il adapte et enregistre une chanson de l'italien Toto Cutugno, "Africa". Devenue un tube, "L'Été Indien" sera traduit en plusieurs versions. Joe se spécialise alors dans le registre sentimental et devient un pilier des émissions de Maritie et Gilbert Carpentier.

    En 1975, Joe Dassin se fait plaisir en enregistrant un album aux États-Unis, "Blue Country". La majorité des chansons sont des reprises de Tony Joe White. Si la critique est ravie, le public ne suit pas. Au cours de l'année 80, l'album est adapté en Anglais sous le titre "Home Made Ice Cream" et sort dans 25 pays.

    Le chanteur connait une vie chaotique à la fin des années 70 : il divorce de Maryse en 77, épouse un an plus tard Christine Delvaux dont il aura deux fils, Jonathan et Julien. Le couple se sépare en 1980. Entre temps, l'alcool et la drogue minent sa santé, et il cumule les problèmes cardiaques ainsi qu'un ulcère à l'estomac.

    Passant outre les conseils de ses médecins il se lance dans une tournée européenne dont il ressort épuisé en 1980. Il décide alors de prendre quelques jours de repos en famille à Papeete. C'est là qu'une ultime crise cardiaque l'emporte le 20 août 1980. Il n'avait que 41 ans et son plus jeune fils Julien n'a que 2 ans.

     

     

    Mes chansons préférées :

    Il m'est difficile de choisir mes chansons préférées de Joe Dassin parce que j'ai quasiment grandis en l'écoutant. Voici donc un petit aperçu de mes favorites :

    - Côté banjo, côté violon

    -Guantanamera

    - Marie-Jeanne

    - L'Équipe à Jojo

    - Les Dalton

    - Le Petit pain au chocolat

    - Ma Bonne Étoile

    - Le Chemin de Papa

    - Dans la brume du matin

    - Comme la Lune

    - La fille du shérif

     

     

     

     

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  • Georges BrassensNé à Sète le 22 octobre 1921, Georges Brassens grandit dans un environnement musical et curieusement assortit : son père, entrepreneur de maçonnerie, est un libre-penseur anarchiste et anticlérical et sa mère, femme au foyer d'origine italienne, est une catholique pratiquante. Tout deux aiment la musique, ils chantent souvent, et sur le phonographe familial tournent les disques de Mireille, Ray Ventura, Jean Nohain ou Charles Trenet.

    À l'école, Georges est un élève rêveur et peu studieux dont la seule aptitude est de manier la langue française pour composer des poème qu'il tente ensuite de mettre en chanson. C'est aussi un adepte de l'école buissonnière, ponctuée de bains de mer, de jeux et de bagarres.

    Son avenir va s'assombrir alors qu'à 16 ans, il s'associe avec des copains et commet des menus larcins pour se faire de l'argent de poche. En 1939, il est condamné à la prison avec sursis et devra renoncer à sa scolarité.

    La Seconde Guerre Mondiale vient d'éclater, et Georges convainc ses parents de le laisser monter à Paris où il s'installe chez une tante maternelle dans le 14ème Arrondissement de Paris. Il travaille un temps dans les usines Renault jusqu'à leur bombardement.

    Mettant à profit cette période de "chômage technique", le futur chanteur fréquente la bibliothèque où il dévore les oeuvres de Villon, Baudelaire, Verlaine et Hugo entre autres. Il publie un premier recueil de poème, "Les Coups d'épée dans l'eau", en 1942.

    En 1943, à 22 ans, il est enrôlé dans le STO et se retrouve à Basdorf en Allemagne, à travailler dans une usine de moteurs BMW. Il s'y fait des amis auxquels il restera fidèle toute sa vie, notamment Pierre Onteniente. Mais en mars 1944, profitant d'une permission, il s'enfuit à Paris.

    Il doit se cacher de la Gestapo et trouve refuge chez un couple d'amis, Marcel et Jeanne Planche, qui habitent l'impasse Florimont. Il y compose des chansons, s'accompagnant souvent au banjo, en attendant la Libération.

    La paix revenue, il retrouve ses copains de Basdorf avec qui il fonde un éphémère journal anarchiste, "Le Cri de Guerre". Il fréquente de nouveau les bibliothèques et continue de composer. Son amie Jeanne lui avance l'argent pour sa première guitare tandis qu'il s'implique dans le militantisme anarchiste en écrivant dans le journal "Le Libertaire". Il publie un livre à compte d'auteur, "La Lune écoute aux portes", en 1947.

    Au début des années 50, Georges Brassens rencontre la chanteuse Patachou qui non seulement va lui prendre deux chansons, mais va l'encourager à se produire lui-même dans son propre cabaret. C'est le début de la consécration. Malgré un terrible "trac" qui le paralyse sur scène, le chanteur rode ses chansons qu'il finit par enregistrer en mars 1952 chez Phillips. Mais des textes comme "Le Gorille" ou "Le Mauvais sujet repentit" déplaisent à certains et leur auteur est alors placé chez Polydor, une branche de la maison de disques.

    Entre avril et novembre 1952, Georges enregistre neuf chansons, dont "Le Parapluie" qui sera utilisée par Jacques Becker pour son film Rue de l'Estrapade. Il se produit sur de nombreuses scènes (L'Alhambra, Bobino) et le succès provient du "bouche-à-oreille" surtout au sujet de ses textes dits "scandaleux".

    Il publie un second roman, "La Tour des miracles", enregistre un premier album et se produit à l'Olympia. Fidèle en amitié, il fait rénover la maison de ses amis les Planche, se lie avec René Fallet et Paul Fort dont il met en musique "Le Petit cheval", "La Marine" et "Comme hier".

    Georges BrassensBrassens est souvent censuré à la radio, sauf sur Europe 1 dont il deviendra même présentateur durant l'année 1956. Cette même anné, son ami Pierre Oteniente devient son impresario avec une telle efficacité que le chanteur le surnommera "Gibraltar".

    Le chanteur se fera également acteur, dans Porte des Lilas (1957) de René Clair, adaptation du roman "La Grande Ceinture" de Fallet.

    Les années 60 sont celles de la consécration pour Georges Brassens : en 1963, il reçoit le prix "Vincent Scotto" décerné par la SACEM pour le titre "Trompettes de la Renommé". Deux ans plus tard, il signe la chanson "Les Copains d'abord" pour le film d'Yves Robert Les Copains. Il interprète également un duo avec son "maître" Charles Trenet à l'occasion d'une émission de radio. Les deux hommes s'estiment beaucoup, même si le "Fou chantant" gardera ses distances avec Brassens qui en retire un grand regret.

    En 1967, l'Académie française lui décerne le Grand prix de poésie pour l'ensemble de son oeuvre. Brassens est touché, mais pense ne pas mériter cet honneur : "Je ne suis pas un poète (...) Un poète, ça vole quand-même un peu plus haut que moi.".

    Les années 60 sont aussi celles du malheur pour le chanteur : Paul Fort décède en 1960, il perd sa mère en 1962, son père décède en mars 1965 et son ami Jacques Planche disparait à son tour en mai de la même année.

    Le chanteur continue son petit bonhomme de chemin : il enregistre "Heureux qui comme Ulysse" en 1969 pour le film éponyme (sur une musique de Georges Delerue), compose en 1971 la musique du film de Michel Audiard Le Drapeau noir flotte sur la marmite, adaptation du livre "Il était un petit navire" de René Fallet.

    En octobre 1975, il s'installe à Bobino pour cinq mois.

    En 1979 il participe à l'enregistrement du conte musical "Émilie Jolie" de Philippe Chatel. Il y interprète le rôle du "hérisson", personnage en quête d'amitié malgré son aspect rébarbatif.

    Depuis toujours, Georges Brassens connait des problèmes de santé. En 1980 on lui diagnostique un cancer de l'intestin. Il est opéré une première fois à Montpellier en novembre, puis subit une seconde intervention à l'hôpital américain de Neuilly l'année suivante.

    Durant cette période, il enregistre un album en faveur de l'association "Perce-Neige" de son ami Lino Ventura. Il est en pleine préparation d'un album lorsqu'il décède le 29 octobre 1981. Il sera inhumé dans le caveau familial à Sète.

    De nombreux auteurs-compositeurs-interprètes se réclament de son influence, notamment Pierre Perret, Maxime Le Forestier ou Renaud. À l'étranger, le suisse Mani Matter et l'italien Fabrizio De André sont eux aussi ses "fils spirituels".

    Aujourd'hui, de nombreux établissements scolaires, des salles de spectacles, des parcs et des jardins publics, des rues portent le nom de Georges Brassens en France.  En Allemagne, la bibliothèque municipale de la ville de Basdorf où il travailla au STO ainsi qu'une place portent également son nom.

    Enfin, à Brive-la-Gaillarde, la halle du marché s'appelle "Halle Georges-Brassens" en hommage à la célèbre chanson "Hécatombe".

     

    Mes chansons préférées :

    Je chantonne souvent des chansons de Brassens, selon mon humeur ou mes envies, mais aussi lorsque je lis certains commentaires stupides sur Internet,  donc, il m'est difficile de faire un choix. Voilà celles qui me viennent le plus souvent aux lèvres :

    - Le temps n'y fait rien à l'affaire (quand on est con, on est con)

    - Le Gorille

    - Mourir pour des idées

    - Les Copains d'abord

    - La Chasse aux papillons

    - Gastibelza (poème de Victor Hugo mis en musique par Georges Brassens)

     

    Georges Brassens

    Rencontre "mythique" entre Jacques Brel, Léo Ferré et Georges Brassens.

     

     

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  • Ray Ventura Raymond Ventura nait le 16 avril 1908 à Paris. Alors qu'il est encore étudiant au Lycée Janson de Sailly, ce passionné de jazz monte un orchestre avec des amis de son âge. Un certain Albert Cuisin, qui loue des salles de réceptions rue de la Pompe leur prête des locaux pour répéter, et nos musiciens se produisent lors de réceptions mondaines en contrepartie.

    Très vite, la formation prend le nom de Ray Ventura et ses Collègiens, et devient l'un des premiers orchestres à sketches de France, sur les modèles de ceux de Paul Whiteman aux U.S.A, des Comedian Harmonists en Allemagne et de Jack Hylton en Angleterre.

    Ce genre de formation, à dominante jazzy, mêle ainsi la musique et l'humour dans des chansons parfois légèrement "coquines" mais toujours entrainantes.

    Parmi les "Collégiens" de Ventura figurent de futurs grands noms de la musique populaire française : Paul Misraki (compositeur, arrangeur et pianiste), Loulou Gasté (compositeur, joueur de guitare et de banjo), Grégoire Aslan, dit "Coco Aslan" (chanteur et percussionniste), Philippe Brun, Alix Combelle, Guy Paquinet...

    En 1929, le groupe se produit au casino de Deauville, où, repéré par un des administrateurs de la Compagnie générale transatlantique, il est engagé pour animer une croisière aller-retour jusqu'à New York. La même année, un premier disque est enregistré.

    Les Collégiens vont devenir populaires, et investir les grandes salles parisiennes comme l'Empire, la Salle Gaveau, l'Olympia, Bobino... En 1936, Ray Ventura ouvre un cabaret aux Champs-Élysées, tandis que le refrain à la mode est "Tout va très bien, Madame la marquise" (écrit par Paul Misraki).

    De nouvelles recrues intègrent la troupe : en 1934, Raymond Legrand et André Cauzart, en 1939 Guy Dejardin.

    Les succès s'enchainent : "Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine" (1936), "Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?" (1937), l'orchestre reprend même la chanson "Sifflez en travaillant" (1938), adaptation française (par Francis Salabert) de "Whisle while you work" du film Blanche-Neige et les sept nains.

    À propos de cinéma, Ray Ventura composera la musique du film Belle étoile de Jacques de Baroncelli et jouera avec son orchestre dans Feux de joie de Jacques Roussin, tout deux sortis en 1938. Un an après sort Tourbillon de Paris d'Henri Diamant-BergerVentura et ses Collégiens jouent leurs propres rôles.

    D'autres orchestres à sketchs vont naitre dans le sillage des Collégiens entre les années 30 et la fin des années 40 : Fred Adison, Jo Bouillon, Raymond Legrand et Jacques Hélian vont ainsi crée leurs propres formations avec succès.

    En septembre 1940, c'est la Déclaration de Guerre. Ray Ventura est incorporé au Train des Équipages dans l'Est de la France. Après la défaite de 1940, il se réfugie en zone libre puis effectue avec son orchestre des tournées en Suisse où il enregistre quelques disques.

    Mais, avec certains de ses "Collègiens", il est confronté à l'antisémitisme et va quitter la France en novembre 1941 pour entamer une tournée en Amérique du Sud, se produisant notamment en Argentine et au Brésil où il enregistre des chansons.

    De retour à la Libération, Ray Ventura crée une nouvelle formation, certains de ses anciens "Collégiens" s'étant lancé dans des carrières solo. Aux côté du fidèle Paul Misraki débutent ainsi Henri Salvador (rencontré lors de la tournée sud-américaine) et le neveux de Ray, le jeune Sacha Distel.

    Le succès est de nouveau au rendez-vous, avec des chansons écrites par Misraki comme "Maria de Bahia", "La Mi-août". En même temps, Ray Ventura et les Collégiens retentent l'aventure cinématographique, d'abord dans Mademoiselle s'amuse, puis dans Nous irons à Paris (1950) puis dans Nous irons à Monte-Carlo (1952), trois films de Jean Boyer.

    Ventura sera producteur sur les films Le Roi Pandore (1949) d'André Berthomieux et La Jeune folle (1952) d'Yves Allégret dont il signe le scénario avec Alex Joffé. En 1962, il joue le gardien du musée dans le film de Denys de La Pattellière Pourquoi Paris ?

    Les années 60 voient la fin de l'aventure pour Ventura : le Rock-and-Roll et les "Yé-yé" vont balayer le jazz et l'industrie du disque change. C'est l'époque où faire venir un orchestre pour un enregistrement ou une prestation radio devient coûteux et les grandes formations vont progressivement disparaitre.

    Ray Ventura quitte la scène et devient éditeur de musique, contribuant à lancer des chanteurs comme Georges Brassens notamment, tandis que les Collégiens tentent une carrière solo avec plus ou moins de bonheur. Ceux qui d'ailleurs s'en sortiront le mieux à cette époque seront Sacha Distel et Henri Salvador.

    Il faut attendre les années 70 pour qu'un groupe, le Grand Orcheste du Splendid, renouvelle l'engouement pour les orchestres à sketch, en reprenant les succès des Collégiens qui sont ainsi écoutés par une nouvelle génération de mélomanes.

    Ray Ventura, quant à lui, s'est retiré à Palma de Majorque en Espagne où il s'éteint le 29 mars 1979. Il sera enterré au cimetière des Batignolles à Paris.

    En 1993, son neveux Sacha Distel lui rend hommage en reprenant sur un disque les plus grands succès des Collégiens, accompagné d'Henri Salvador et Paul Misraki ainsi que de nombreuses vedettes de la chanson et de la télévision.

     

    Mes chansons préférées :

    - Tiens, tiens, tiens

    - Tout va très bien, Madame la marquise

    - Qu'est-ce qu'on attend pour être heureux ?

    - Le Nez de Cléopâtre

    - Ça vaut mieux que d'attraper la scarlatine

     

     

     

     

     

     

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