• L'affaire Seznec : un rebondissement qui ne va pas loin...

    Certains faits-divers prennent des proportions telles dans l'imaginaire collectif qu'ils passent l'épreuve du temps et deviennent des "Affaires". Il s'agit souvent de crimes qui ne connaissent pas de résolution du vivant des protagonistes et parfois même jamais...

    L'affaire Seznec : un rebondissement qui ne va pas loin... Ainsi en est-il de l'Affaire Seznec, qui connait ces jours-ci un rebondissement plutôt étonnant. Petit rappel des faits :

    Le 24 mai 1923, Guillaume Seznec, propriétaire d'une scierie à Traon-ar-Velin, quitte son domicile de Morlaix pour se rendre à Rennes au volant d'une Cadillac. De son côté, Pierre Quéméner, commerçant et conseiller municipal de la ville de Saint-Sauveur, prend le train de Landerneau pour la même destination.

    Les deux hommes sont partenaires dans une affaire de revente de voitures étrangères laissée par les Alliés lors de la Guerre de 14. Ils ont prévu de se rejoindre à Rennes puis de partir pour Paris avec la voiture, afin de vendre celle-ci à un américain.

    Seznec ne connait que des problème avec le véhicule, qui accumule les pannes et les crevaisons. Il n'arrive à Rennes que le soir.

    Le lendemain 25 mai, les deux hommes partent en direction de Paris à bord de la Cadillac. Mais celle-ci, décidément capricieuse, ne cesse de tomber en panne. Quéméner finit par demander à son acolyte de le déposer à la gare de Dreux pour qu'il puisse se rendre à Paris où les attend l'acheteur.

    Il va ensuite disparaitre sans laisser de trace. Seznec, dernière personne à l'avoir vu vivant, se contredira à plusieurs reprises lors des interrogatoires. Une valise sera retrouvée sur le quai de la gare du Havre. À l'intérieur, une promesse de vente de la propriété de Quéméner au bénéfice de Seznec. Lors d'une perquisition dans la maison du suspect, la police découvrira la machine à écrire sur laquelle le document à été tapé.

    Seznec passera en jugement en 1924 et sera condamné pour "faux en écriture et meurtre" alors que le corps de Quéméner ne sera jamais retrouvé. Il passera 22 années au bagne de Cayenne jusqu'à la fermeture de celui-ci. Revenu en métropole en 1946, il continuera de clamer son innocence.

    En 1954, il est renversé par une camionnette à Paris, et mourra de ses blessures le lendemain. Son petit-fils Denis Seznec passera sa vie à tenter de réhabiliter son grand-père.

    L'affaire Seznec a connu ces jours-ci un rebondissement qui s'est achevé plutôt platement : Denis Langlois, anicen avocat de la famille Seznec, avait édité un livre en 2015, "Pour en finir avec l'affaire Seznec". Il y faisait état du témoignage de l'un des fils de Guillaume, qui aurait été témoin d'une altercation entre sa mère et Pierre Quéméner et aurai vu l'homme à terre.

    La semaine dernière, avec l'aide de personnes passionnées par l'affaire, Langlois effectue une fouille dans l'ancienne maison des Seznec à Morlaix. Dans un cellier muré, ils vont trouver deux os et un morceau de pipe.

    Les autorités ont récupéré ces objets en vue d'analyse, et il s'avère que les os proviennent d'un animal (probablement un veau) et la pipe date du 19ème siècle...

    Saura-t-on un jour le fin mot de l'histoire ? Personnellement, j'en doute. On sait aujourd'hui que Seznec comme Quéméner traficotaient et que le second avait un désaccord avec un de ses beaux-frères au sujet d'un prêt d'argent. De son côté, Guillaume Seznec fut soupçonné d'avoir incendié deux de ses précédents commerces pour toucher les assurances, et contrairement à ce qu'affirme son petit-fils Denis la machine à écrire utilisée pour le certificat de vente de la propriété de Quéméner a bien été achetée par son grand-père et n'a nullement été placée là par les policiers chargés de l'enquête.

    Aujourd'hui, tous les protagonistes sont décédés, ne reste que Denis Seznec qui croira sans doute toujours en l'innocence de son grand-père.

     

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