• Jean Ferrat

    (Une fois n'est pas coutume, je dédie cet article à mon père qui aimait Jean Ferrat.)

    Jean FerratJean Tenenbaum est né à Vaucresson le 26 décembre 1930, d'un père juif russe naturalisé français, Macha, et d'une mère d'origine auvergnate, Antoinette Malon

    Les parents Tenenbaum aiment la musique et la chanson, amour qu'ils transmettent à leurs fils. La famille s'installe à Paris en 1935.

    Durant la Seconde Guerre mondiale, les lois anti-juives du gouvernement de Vichy entrent en vigueur. Macha doit quitter son métier d'artisan-joailler, lui et ses fils sont contraints de porter l'étoile jaune. Mais il est persuadé que sa naturalisation française le protège ainsi que sa famille, aussi refuse-t-il de se réfugier en zone libre.

    Jean a 12 ans lorsque son père est déporté en 1942 après avoir été pris dans une rafle. Il ne reviendra pas. La famille Tenenbaum est alors cachée grâce à des amis communistes, puis évacuée en zone libre, à Font-Romeu. C'est là qu'il poursuit sa scolarité avant de vivre chez une tante à Versailles où il entre au collège Jules-Ferry en 1943.

    Il rejoint sa mère et ses frères en 1944 dans le sud de la France. Ils vivent un temps à Toulouse puis dans l'Ariège avant de revenir à Paris où Jean termine ses études.

    Après la seconde, il doit quitter l'école pour subvenir aux besoins de la famille et devient aide-chimiste dans un laboratoire. Il prend des cours du soir avant d'entrer au Conservatoire national des Arts-et-Métiers pour devenir ingénieur-chimiste.

    Dans le même temps, il suit des cours de théâtre et s'intéresse à l'écriture musicale. En 1954, il opte définitivement pour une carrière artistique, intègre une troupe de comédiens, compose des chansons et joue de la guitare dans un orchestre de jazz.

    Jean FerratIl se produit ensuite dans les cabarets sous le nom de Jean Laroche, met en musique le poème de Louis Aragon "Les Yeux d'Élsa" qui sera interprété par André Claveau, rencontre en 1956 la jeune chanteuse Christine Sèvres avec qui il se met en ménage.

    En 1958 il enregistre un premier 45 T qui ne connaitra pas le succès. C'est un an plus tard que sa chanson "Ma Môme" devient son premier "tube". Entre-temps, il a pris le pseudonyme de Jean Ferrat.

    En 1961, il compose deux chansons pour Zizi Jeanmaire, "Eh, l'amour" et "Mon Bonhomme". La chanteuse le prend en vedette américaine de son spectacle à l'Alhambra. La même année sort son premier 33 T, "Deux enfants au soleil", qui obtient le prix de la SACEM.

    La carrière de Jean Ferrat est lancée, et sera jalonnée de titres comme "Deux enfants au soleil", "C'est beau la vie", "L'Amour est cerise", mais également de polémiques et de censure.

    Ainsi, "Nuit et brouillard" qui sort en 1963 et où il rend hommage aux déportés, se voit "déconseillée" de passage d'antenne par les autorités, alors que s'amorce le rapprochement avec l'Allemagne. Cela n'empêchera pas la chanson d'obtenir le Grand Prix de l'Académie Charles-Cros.

    Jean Ferrat

    Jean Ferrat est depuis longtemps un compagnon de route du Parti Communiste Français, sans jamais en avoir été membre. Mais à la fin des années 60 il se montre très critique envers l'attitude du parti, notamment suite à l'invasion de Prague en 1968. Il n'hésitera pas à critiquer l'hypocrisie du PCF sur les purges, les ingérences de l'U.R.S.S dans les pays satellites et autres manquements aux droits de l'homme commis par le régime soviétique. C'est ainsi qu'il compose des chansons très polémiques comme "Camarade" ou "Le Bilan", qui lui vaudront l'animosité d'une certaine fange du parti.

    Jean FerratJean Ferrat compose et écrit des chansons pour Isabelle Aubret, qu'il rencontre en 1962, notamment la très belle chanson "C'est beau la vie" qu'il lui offre après que la jeune chanteuse ait réchappé à un accident de voiture en 1963.

    Le chanteur fait ses adieux à la scène au Palais des sports de Paris en 1972, laissant la place aux "tubes" disco. Il rompt avec sa maison de disque Barclay et se fait plus rare. Il s'installe à Antraigues-sur-Volane, un petit village de l'Ardèche où il vit avec Christine Sèvres qu'il a épousé en 1961. Le couple se sépare en 1971 après que Jean soit tombé amoureux de Colette Laffont, professeur de sports.

    Il restera néanmoins très proche de son ex-femme, veillant sur elle lorsqu'elle est atteinte d'un cancer qui va l'emporter en 1981 à 50 ans. Il attendra 1992 pour épouser Colette.

    Jean Ferrat a créer son propre label musical, Temey, à la fin des années 70. Il réenregistre ses anciennes chansons et continue de publier des albums tout en restant très rare à la télévision et à la radio.

    Ses dernières apparitions télévisuelles ont lieux en 2003 dans  les émissions Vivement Dimanche sur France 2 et L'Invité sur TV5 Monde. En octobre de la même année, il accorde une interview de 2h à la journaliste Hélène Hazera sur France Culture. L'émission sera diffusée en février 2004 puis rediffusée entre le 15 et le 19 mars 2010.

    Atteint d'un cancer, Jean Ferrat s'éteint le 13 mars 2010 à l'hôpital d'Aubenas. Il est inhumé au cimetière d'Antraigues-sur-Volane le 16 mars. La cérémonie, retransmise sur France 3, démontre, au vue de la foule rassemblée, que le chanteur, malgré sa discrétion, a toujours eu de fidèles admirateurs.

    Depuis le décès de Jean Ferrat, de nombreux lieux lui sont dédié : une médiathèque à Aubenas, une salle polyvalente à Escaut-Pont dans le Nord-Pas-de-Calais, un espace culturel à Septeme-les-Vallons dans les Bouches-du-Rhone.

    Une place Jean-Ferrat est inaugurée le 13 mars 2015 dans le quartier de Ménilmontant à Paris.

    Toujours en mars 2015, un album-hommage, "Jean Ferrat - Des airs de liberté", contenant ses chansons réinterprétées par les voix de la "nouvelle scène française", est édité.

     

    Mes chansons préférées :

    - Nuit et brouillard (paroles et musique Jean Ferrat)

    - Les Belles étrangères (paroles Michelle Senlis, musique Jean Ferrat)

    - Potemkine (paroles Georges Coulonge, musique Jean Ferrat)

    - Ma France (paroles et musique Jean Ferrat)

    - Sacré Félicien (paroles et musique Jean Ferrat)

    - Aimer à perdre la raison (paroles Louis Aragon, musique Jean Ferrat)

    - La Femme est l'avenir de l'homme (paroles et musique Jean Ferrat)

    - La Porte à droite (paroles Guy Thomas, musique Jean Ferrat)

    - Le Châtaigner ( paroles Guy Thomas, musique Jean Ferrat)

     

    Jean Ferrat

    Jean Ferrat et Georges Brassens.

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